Comment parler de la mort avec son enfant

La mort est un sujet sensible, mais chaque parents doit un jour aborder ce sujet avec son enfant. La mort fait partie de la vie. La première fois que nous avons abordé le sujet avec Camille, ce fut après le premier confinement, quand l’école a repris. J’ai eu la sensation d’avoir été prise de cours par sa question : « Maman est ce que tu vas mourir ? Et moi, est ce que je vais mourir ? ». Comment parler de la mort avec son enfant c’est le sujet de cet article.

La question m’a surprise car elle est survenue à un moment ou nous n’avions pas de deuil autour de nous. Les années précédentes j’ai perdu mes deux grands mères et Jean son grand père. Peut-être que sa réflexion a cheminé pendant plusieurs mois … Peut-être que l’actualité 2020 a joué un rôle ? Je ne sais pas vraiment.

Deux choses importantes avant de développer sur la manière dont on a abordé les choses. Premièrement nous sommes Jean et moi non croyants. Deuxièmement je suis profondément attachée à ne pas jouer sur les mots avec Camille, ni les remplacer. La mort est un mot qui n’est pas substitué par un autre comme « partir ».

Quand Camille a posé pour la première fois la question, je lui ai demandé automatiquement « c’est quoi mourir pour toi ». Elle m’a simplement répondu que c’était quand le cœur de quelqu’un ne battait plus et qu’on ne le voyait plus après. A ces termes « on ne le voit plus après » j’ai compris quelle avait compris et comment elle avait compris … Tu comprends ?

Quand nos grands parents sont décédés Camille nous en parlait régulièrement, comme si ils allaient un jour revenir. Du temps s’était écoulé entre la perte de nos êtres chers et cette question. En ne les  voyant pas revenir elle a compris que le mot mort avait un caractère définitif.
Et son questionnement allait maintenant plus loin « Tout le monde peut-il mourir ? ». Moi même je n’aime pas du tout parler de la mort ni même y penser. Je n’ai pas forcément répondu tout de suite dans le détail.

« Nous mourons tous un jour, mais dans longtemps. Tu veux que j’achète un livre pour qu’on en parle ? »

La carte du livre c’est honnêtement ce qu’il y a de mieux. Parce que nos mots d’adultes peuvent être difficiles à comprendre pour les enfants voir mal interprétés.
Mon choix c’est porté sur ce livre de Dolto. Je vous mets la référence. Nous l’avons trouvé très clair pour aborder le sujet.

Comment parler de la mort avec son enfant THREEMINDS
DOLTO, Françoise. Parler de la mort. Paris, Éditions Mercure de France, 1998, 62 p.

Pour Catherine Dolto,  « Le mensonge ne protège absolument pas l’enfant, au contraire ! Il souffre davantage, il s’imagine des tas de choses… Tous les ans, je reçois des enfants très perturbés parce qu’on leur a raconté de fausses histoires sur la disparition d’un proche… » . Le mensonge qui se veut au départ protecteur se révèle vite destructeur pour l’enfant.
Mais il y a d’autres livres que nous avons feuilletés à la bibliothèque.

Comment parler de la mort avec son enfant

5 conseils

Conseil 1

Parler du cycle de la vie en prenant exemple dans la nature. Les bourgeons fleurissent, les arbres grandissent, les fleurs fanes, les feuilles tombent et meurent.

Conseil 2

Être simple dans les mots. Ne pas associer la maladie à la mort ou en tout cas bien expliquer que l’on peut guérir. Sinon imaginez l’angoisse que peut provoquer un rhume chez votre enfant … Et bien expliquer que quand une personne meurt elle n’est pas « partie ». Votre enfant risque d’attendre son retour. La vérité va l’aider dans la construction de sa pensée. Une personne qui meurt c’est pour toujours, elle ne reviendra pas.  Être dans un instant propice à la discussion, au calme et pas entre deux tâches dans la journée.

Conseil 3

Laisser l’enfant s’exprimer un maximum avec ses mots. Il est plus simple de donner une réponse courte et précise que de s’élancer dans un monologue. C’est le piège de la conversation pas hyper joyeuse et sans fin ou d’être trop dans le détail. Dire la vérité ne veux pas dire faire un exposé détaillé de la mort de A à Z.

Conseil 4

On évite les mots « s’endormir », « partir », « s’en aller ».

Conseil 5

N’attendez pas de vivre un deuil autour de vous pour en parler avec votre enfant ça complique vraiment les choses. C’est hyper naturel pour un enfant d’avoir des interrogations sur la mort.

Alors qu’est ce que j’ai répondu à la question : « Maman est ce que tu vas mourir ? » J’ai répondu simplement « oui, parce que tout le monde meurt. Les fleurs, les feuilles, et nous les humains. J’espère que ça sera dans très très longtemps, quand toi aussi tu auras des enfants et des petits enfants. Pour le moment je suis près de toi et c’est tout ce qui compte. »

L’amour ne meurt pas. Si vous avez cette conversation avec votre enfant suite au décès d’un proche, vous pouvez lui expliquer cela. Et vous rappeler de temps en temps les bons souvenirs avec des photos.

Comment parler de la mort avec son enfant ? Il n’y a pas de moment ni de façon  idéal pour en parler . Personnellement en parler à Camille n’a pas été facile car cela m’a rappelé des moments difficiles. J’avais la volonté de ne pas lui mentir mais en même temps la protéger de la tristesse qu’évoque la mort.


Morgane, fondatrice Lueur d’espoir pour Ayden, @poi.family

Morgane, maman de Ayden et Ayliaz et future maman. Ayden leur premier fils est né avec la maladie de Krabbe, elle témoigne ici avec beaucoup de bienveillance sur le blog de son expérience de la mort. Morgane et sa famille ont été d’un courage infini, leur parcours est magnifique et leur message plein d’espoir.

Dans notre cas, je suis croyante, et nous avons vécu les étapes de deuil avec Ayliaz en direct, donc dans notre cas nous avons vécus d’autres questionnements beaucoup plus personnel et approfondis et aussi sa propre douleur, il était trop jeune pour savoir concrètement ce que c’était, mais il a eu des épisodes de tristesse très intense.
Il a donc fallut apporter des réponses à ses questionnements, tout en étant nous même en souffrance.
Puis-je pleurer devant lui ? Pour nous il était essentiel qu’il vive ses émotions et donc nous n’avons rien caché de notre peine, tout en expliquant, en mettant des mots sur pourquoi nous étions si triste. La mort c’est triste, et c’est important de ne pas transformer la réalité, c’est normal d’être triste !

Comment parler de la mort avec son enfant Poi family
Poi Family

Nous avons vécu et accompagné sa peine, tout comme nous avons nous même vécu notre peine sans lui cacher. Enfin voilà, tout dépend de chaque famille et chaque situation, en globalité

De notre côté nous avons été concret sur les questionnements à propos de la mort mais il a été extrêmement rassurant pour Ayliaz de savoir que ce n’est pas une fin en abordant le sujet de Dieu. Ça lui fait du bien de savoir que la mort est uniquement la fin de la vie terrestre. Parler de Dieu comme de l’ordre de l’invisible est plus complexe pour les enfants. Le corps s’en va mais l’esprit continue à vivre autrement. La foi nous permet de croire que Dieu accueille tout ce qui a été souffle de vie. Il y a aussi dans son contexte des livres, contes très bien imagés pour évoquer ce qu’il se passe après la mort aux enfants. Quand on croit au fait que c’est juste le corps qui meurt, l’esprit est toujours là, et ça aide aussi l’enfant, comme les adultes, de se dire que la mort n’est qu’une étape !

L’association de Morgane : Lueur d’espoir pour Ayden

Instagram : @poi.family

Gaëlle,

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5 commentaires sur “Comment parler de la mort avec son enfant

  1. Merci beaucoup pour ce sujet… car mon fils a 3 ans et nous avons perdu 3 animaux proche entre famille et amis et pas facile d’expliquer…. j’ai également mon grand père qui est très malade vos mots m’aides…. merci

  2. Merci pour vos deux témoignages. En plein deuil, perdre son papy à 3 ans, soulève beaucoup de question chez ma fille. Alors merci pour ces conseils, cela nous rassure dans nos réponses.

  3. Félicitations pour ce très bel article très bien écrit.
    Nous avons perdu mon beau père récemment d’une crise cardiaque. Ma fille de 3 ans a été très triste comme nous mais elle n’est pas passé de la même manière que nous par les étapes du deuil.
    Nous lui avons lu « Au revoir Blaireau » qui est très bien pour les tous petits. Et nous lui avons expliqué que son grand père ne reviendrait pas mais qu’il veillerai toujours sur elle. De famille croyante, comme Morgane nous pensons que l’esprit reste un peu comme un ange gardien.
    4 mois après, elle continue à aller tous les jours dans la maison de mes beaux parents et il lui arrive d’envoyer des bisous aux photos ou de lui parler.
    La pédiatre a dit que c’est normale et qu’il faut la laisser.

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